abenarous’s blog

La première loi de ma République 2.0

9 juillet 2008 · Un commentaire

Je m’apprêtais à écrire le deuxième article de ce blog. Un doute a pourtant fait valser mes rares certitudes: aurai-je dû commencer à parler de politique, comme prévu initialement, au risque que le blog soit estampillé «blog-politique »? Ou en rester plutôt à des considérations théoriques sur l’écriture au risque là de m’enfermer dans de vagues élucubrations théoriques et obscures?

Le premier billet n’est pas le plus pénible à écrire. C’est une simple prise de parole, une interpellation, un cri. On ne prépare pas un cri, on le pousse… Il y a ceux qui l’entendent et ceux qui ne l’entendent pas. Point final. Et puis il y a le deuxième billet, alors là le regard est différent. Sans prétendre qu’il existe une attente, il y a toutefois la volonté de ma part d’être à la hauteur. Le souhait de ne pas décevoir ceux qui ont pris le temps de comprendre ma démarche. Au deuxième article, déjà, tout change. Le cri initial se fait projet.

Chaque article est un point inscrit sur la grande feuille blanche virtuelle. Au deuxième article, on doit pouvoir tracer une droite entre les deux points. L’ensemble donne une direction, un sens. C’est là que le bât blesse. Je ne redoute pas le syndrome de la feuille blanche. L’écriture régulière m’apprend à dissiper ce doute au rythme régulier des touches du clavier. Angoisse plutôt au sujet de la direction à prendre. J’entends souvent que quand on ne sait pas où l’on va, aucun vent ne souffle jamais dans la bonne direction. Question fondamentale donc de la direction à prendre, du sujet à aborder en premier. Quand votre blog est votre embarcation, vous avez envie de savoir de quel coté le vent souffle.

À la limite, l’article d’introduction est la constitution de ma République 2.0, il est temps désormais de rédiger la première loi. Bien sûr une loi n’est pas aussi importante qu’une constitution. La loi peut être amendée, modifiée, voire annulée alors que la constitution fonde toute la structure sociale. L’histoire retient la constitution, pas la première loi. Mais enfin la question ne me semble pas vaine. Probablement le meilleur moyen de sortir de cette impasse est de banaliser l’acte de l’écriture. Dans ma république 2.0, on se félicite de l’inflation législative. Dans ma république 2.0, on peut échapper à l’angoisse du sens en multipliant les billets, les tons et les approches.

Peu de chance que les points de mes billets ne dessinent jamais une direction précise. Je n’ai pas l’âme d’un militant. Au contraire leur multiplication devrait tisser la toile instable de mes centres d’intérêts. Voilà pour la question du doute. Je me rassure en lisant que Renan écrivait que le doute est «l’hommage que l’on rend à la vérité ». Assez de rendre hommage à la vérité et en avant la musique !

A.B.

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1 réponse jusqu'à présent ↓

  • a.m // 21 juillet 2008 à 10:30

    peut être ne faut il pas trop courir après les vents mais se laisser saisir par eux. Si ton navire est fragile, si ta constitution forte de toi tend a s ériger en loi, si tu doutes et si tu cris, si les mots brûlent des papiers puis maintenant des claviers, c est qu un vent des plus puissant t as déjà saisi, le vent d’écrire c est le souffle insolent de ce qui brûle trop en dedans pour le retenir. Peut importe alors l ordre et les lois, le désordre, ton désordre pertinent nous ira.

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