La récente crise financière a révélé une inquiétante évolution: l’effacement progressif de la notion d’incertitude au profit de celle de risque. Si les deux termes semblent synonymes, ce n’est que par illusion d’optique. Alors que l’incertitude rend compte de notre ignorance quand à l’aboutissement exact de nos actions, le risque permet de mesurer ce degré d’ignorance. L’incertitude est une notion qualitative, alors que le risque se situe clairement dans un registre quantitatif. Le risque est calculé, géré, mutualisé, alors que l’incertitude est fondamentalement subie. En un mot, l’incertitude est une fin alors que le risque est un moyen.
Il y a donc deux sortes d’avenirs : Le premier, l’incertitude, est un constat de notre impuissance à
tout contrôler. Le second, la gestion des risques est, au contraire, une preuve de notre désir de tout maîtriser. Keynes disait par ailleurs que l’incertitude est cette part de l’avenir qu’on ne peut décrire à priori et dont on ne peut que constate ex post. Dans son dernier ouvrage, Nassim Nicholas Taleb, ne dit pas autre chose. Pour l’auteur du Cygne noir, en effet, c’est tout notre rapport à la connaissance qui est à revoir. Nous nous focalisons trop sur les ce que nous connaissons déjà (le risque) sans prendre en compte l’inconnu (l’incertain) dans nos modèles de prédiction. Or l’élément incertain, le cygne noir, est justement celui qui a le plus d’impact sur notre évolution.
En quoi la crise financière actuelle témoigne-t-elle de l’effacement progressif de la notion d’incertitude au profit de celle de risque ? Les économistes s’accordent sur le fait que la titrisation et d’une manière générale l’utilisation abusive des produits dérivés ont été des facteurs majeurs de la crise financière. Or c’est l’impératif de gestion des risques qui a conduit les entreprises à faire appel à ses outils complexes. Aidé par la mathématisation croissante de la finance, les experts financiers ont conçu des produits d’assurance contre tous types de risques. Doté de ses modèles, les entreprises ont progressivement banni l’incertitude, incommode à manier. Enivrés par la caution scientifique de ses outils elles se sont mises à rêver d’un monde où tous les risques seraient sous contrôle : le monde du tout-risque.
Le monde du tout-risque, vers lequel notre société semble
lentement s’acheminer, est un monde où la science, la rationalité et le recours disproportionné aux mathématiques ont chassé l’idée même d’inconnu. L’inconnu étant rationnalisé, conceptualisé, titrisé, il est nié dans sa dimension même d’inconnu. L’utilisation de modèles mathématiques de gestion de risque a nourri la prétention des hommes à contrôler toutes les variables de leur existence.
Derrière l’idée d’une société agitée, la société du tout-risque est en réalité profondément figée. La même force qui pousse à titriser un emprunt la conduit à inscrire le principe de précaution dans sa constitution. Cette force, ciment de la société du tout-risque, c’est la peur. La peur que tout ne soit pas sous contrôle. La peur qu’un risque échappe à la surveillance de ses geôliers. Dans cette société là, on communique sur les dangers de l’obésité dans les publicité pour biscuits, il est interdit de prendre l’avion avec une pomme et on s’inquiète qu’un OGM puisse devenir une ADM. La société du tout-risque, qui fait une confiance aveugle aux mathématiques pour encadrer les risques est une société terrifiée par les derniers éléments qui ne sont pas sous-contrôle: le sommeil, la vieillesse …
Le corolaire du monde tout-risque est la judiciarisation des rapports sociaux. De fait, là où l’incertitude a été effacée, l’idée de ne pas recevoir un produit ou un service en parfaite adéquation avec ce qui a été promis est devenu insupportable. C’est dans une société qui prétend contrôler tous les paramètres de l’existence que le moindre écart est ressenti comme un scandale. Écoutez les commentaires des usagers de la SNCF quand les trains ont quelques heures de retard : indignés, trop convaincu qu’ils sont que notre société peut faire face à tous les risques. La société du tout-risque est celle que peignaient, horrifiés, Weber, Adorno et Foucault : celle de la tyrannie silencieuse du processus de rationalisation.
Le monde du tout-risque n’est pas seulement un monde vidé de sa substance par l’obsession du risque, c’est aussi une société profondément anti démocratique.
Alors que les choix de société doivent, en théorie, émerger d’un débat public comme le soutient Habermas, la prétention actuelle d’analyser la meilleure alternative par un raisonnement scientifique empêche ce débat d’éclore. Plus grave, le sociologue allemand Ulrich Beck a montré que la généralisation de la notion de gestion des risques (variations climatiques, crise financière, terrorisme) instaure un état d’urgence illimité, qui rend, là encore, impossible la bonne tenue de cet indispensable débat.
Pourtant, un monde du tout-incertain est un monde tout aussi détestable que le premier. C’est un monde où l’ambition de comprendre scientifiquement son environnement a disparu Dans ce monde là, l’homme, englué dans la nature et ses chaines de causalité, s’est dessaisi de son destin. Il est, comme le décrit Lucrèce, cet enfant qui pleure de terreur à l’apparition de la foudre. Le monde du tout-incertain, c’est le monde grec dans lequel, faute d’outils de compréhension, on en appelle à des petits dieux pour expliquer les phénomènes, c’est l’Occident avant Descartes et c’est, je m’excuse de le dire, une partie du monde arabe aujourd’hui dans lequel « Inch’ Allah » devient l’unique facteur de réussite ou de succès des actions humaines. Tout comme la société du tout-risque, le ciment de cette société là est la peur.
Le passage de la société de l’incertitude à la société du risque a été le principal acquis des Lumières. Ce
changement de paradigme a permis à l’Homme de s’affranchir de la nature notamment par la science. Réaffirmer une place pour l’incertain, ce n’est évidemment pas revenir sur cet acquis. Mais les excès décrit plus haut ont révélé que notre société applique avec trop de zèle la lettre des Lumières et en oublie l’esprit. Le projet émancipateur est passé au second rang derrière l’hyper-valorisation du pouvoir de la raison, capable de surmonter tous les problèmes par le truchement de la gestion des risques.
A la prétention d’éclairer le monde, à l’appel à avoir « le courage de se servir de son propre entendement », s’est substitué, l’idée prétentieuse que rien ne résiste à la raison humaine. A mesure que le premier impératif était chassé par le second, on a ainsi vu émerger une société mécanique, froide, complètement aseptisée. L’incertitude a été progressivement relégué au rang de concept archaïque et la gestion des risques élevée à celui d”impératif sociale. L’œuvre de Foucault a su percer cette prétention des mécanismes de contrôle dans le monde carcéral. Bientôt un Foucault de l’entreprise émergera à son tour pour diagnostiquer cette même velléité de contrôle dans le monde de l’entreprise. C’est la même force qui travaille la société du tout-risque qui a effacé les dernières aspérités de notre société et qui a fait de l’ipod, son manifeste esthétique finale.
Pourquoi, après tout, re-faire une place à l’incertitude si la douce mécanique de la société du tout-risque conduit au bonheur ? Pour la même raison qui conduit Bernard, le héro du Meilleur des Mondes d’Aldous Huxley, a refusé de prendre le soma, cette drogue parfaite au doux pouvoir
anxiolytique. Parce que la société du tout-risque, terrorisée par l’imprévisibilité, n’est plus une société créative. Il ne faut pas se tromper, dans la société actuelle, Virginia Woolf aurait certainement était drogué d’antidépresseurs, l’aspirine n’aurait pas passé les tests de la Food Drug Administration et l’Odyssée de Joyce n’aurait pas été publié. Dans ces trois cas, c’est l’impératif de gestion de risques qui guide, consciemment ou pas, le choix de nos contemporains : la peur du suicide, des effets secondaires et de l’échec commercial. Il faut re-faire une place à l’incertitude afin de permettre à notre société de redevenir ambitieuse.
L’héritage des Lumières n’est pas le contrôle absolu par la raison, c’est l’autonomie intellectuelle de chacun. Une société qui prétend résoudre toute les incertitudes par les mathématiques empêche cette autonomie en discréditant le débat d’idées au profit du recours aux discours pseudo-scientifiques. C’est notre vanité de « maître et possesseur de la nature », qui nous a conduits à ses excès et qui a peu à peu dessiné les contours la société du tout-risque. Comme l’écrit Gérard Markhoff dans Vers une éthique politique : l’incertitude est « ce par quoi du radicalement nouveau peut nous advenir, ce par quoi nous avons une histoire, ce par quoi nous sommes spécifiquement hommes. ». L’incertitude relève de la liberté d’autrui quand la gestion de risque passe par l’administration des choses.
La reconnaissance de l’incertitude, ne doit pas pour autant mettre fin à l’esprit de rationalité mais seulement mettre un terme à cette prétention que tous les risques sont prévisibles. La
notion de risque ne doit bien entendu pas être abandonnée. Henry Ford disait que les gratte-ciel de New York n’auraient sans doute jamais existé en l’absence d’assureurs pour couvrir le risque. Il avait certainement raison. En économie par exemple, il est absolument indispensable de continuer à produire des modèles mathématiques même si ils sont clairement montrés leurs limites. Ce qui est en cause ici, ce n’est pas l’utilisation d’outils de gestion de risque, c’est les conséquences néfastes de leur abus. Pour paraphraser la célèbre phrase d’Alexandre Dumas, la science, dans notre recherche de sens, « est un excellent serviteur mais un mauvais maitre ».
Régénérer l’héritage intellectuel des Lumières, cela passe d’abord par la nécessité de refaire une place à ce que nous ne savons pas. Reconnaitre que tout n’est pas quantifiable, que la notion d’incertain est toujours pertinente aux cotés de celle de risque. L’incertitude, n’est pas une incitation au chaos mais un appel à introduire une forme d’improvisation dans nos vies. La tache n’est pas aisée, il faut admettre la dimension chaotique de l’existence humaine, admettre que les cygnes noir peuvent aussi exister, admettre enfin que la vie ressemble plus souvent à un morceau de jazz – imprévisible, fait de syncope et de rupture – qu’à une symphonie de Mahler. Reconnaitre l’incertain, sa dimension insaisissable, nous conduit inévitablement à faire preuve d’humilité.
La science a déjà intégré dans sa réflexion la notion d’incertitude par le biais de la physique quantique. Le principe d’incertitude, énoncé en 1927 par Heisenberg, stipule en effet que
l’univers n’est ni prévisible ni déterministe. Cette théorie ne porte pas sur l’ignorance par l’expérimentateur de grandeurs, mais bien sur l’impossibilité de les déterminer. On ne peut plus rien étudié parce que tout ce que nous étudions se transforme sous le seul fait que nous l’étudions. En un mot, l’incertitude règne en maitre dans la science moderne. Il faut que la société ait l’audace du même changement de paradigme. Réintroduire le chaos de l’incertain, c’est passer de l’orgueil de la prévision parfaite à la sagesse qui consiste à connaitre sa juste place.
Les récentes turbulences financières doivent être l’occasion d’engager une large réflexion sur la notion de risque et d’incertain. Ce n’est pas seulement une forme de capitalisme financier qui a montré ses limites mais un modèle de société basé sur la prétention d’une gestion optimale des risques. La refonte actuelle, si elle ambitionne de réellement modifier le modus vivendi social, doit faire à la notion d’incertitude la place qu’elle mérite. Ce n’est qu’à ce prix que des crises similaires pourront être évités et qu’une société à la fois plus audacieuse sans ses projets et plus humble dans ses moyens pourra émerger.
A.B.
Source
-Penser la société du risque global par Ulrich Beck (article dans le Monde du 23 Octobre 2008)
-Vers une éthique politique par Gérard Markhoff (consultable ici)
-Les anti-Lumières : Du XVIIIe siècle à la guerre froide par Zeev Sternhell
-Le cygne noir – La puissance de l’imprévisible par Nassim Nicholas Taleb
-Traité de savoir survivre par temps obscurs par Philippe Val
12 réponses jusqu'à présent ↓
David C. // 6 novembre 2008 à 12:28
L’enjeux du Nouveau Breton woods est sur la table!
L’économiste Jean-Luc Gréau dans un interview donner au Nouvel Obs du 30 octobre, dénonce le Faux Nouveau Bretton Woods de la City.
« N. O. – Que peut-on attendre d’un nouveau Bretton Woods ? Quels rôles peuvent jouer les pays émergents ?
J.-L. Gréau. – De deux choses l’une. Ou bien le nouveau Bretton Woods s’inscrit dans la lignée du précédent, qui tendait à stabiliser le monde du point de vue économique, monétaire et financier pour favoriser la prospérité, l’emploi et le progrès matériel, intellectuel et moral des populations. Ou bien il procède d’une tentative de soumettre, plus encore que ce n’était le cas au moment où la crise a surgi, les entreprises et les populations aux exigences maintenues des opérateurs financiers préalablement sauvés par les Etats. Les pays émergents ont un rôle à jouer dans la mesure où ils favoriseront la naissance de ce monde multipolaire, plus équilibré et plus stable, dont nous avons besoin. »
Face à la situation historique et révolutionnaire que nous sommes entrain de vivre, il ne faut pas céder à la tentation de certains agitateurs qui pensent que du chaos naitra une plus belle société. Du Chaos sortira qu’une autre loi de la jungle ou le plus faible sera toujours le perdant.
Nous devons aussi dire non au faux nouveau bretton woods proposé par Gordon Brouwn et ses amis, qui essayent d’imposer brutalement un contrôle totale sur l’économie par la haute finance international de la City et Wall street.
Nous devons au contraire nous mobiliser autour de la mise en faillite du système actuel.
Pour aiguiser vos convictions politiques et économique afin de rentrer dans la bataille, je vous propose la lecture du dernier tract de solidarité et Progrès, L’indispensable rupture avec l’empire financier, par Jacques Cheminade : http://solidariteetprogres.org/IMG/pdf/TRACT_2008_11_03_NBW_1_.pdf
« L’avantage des crises est qu’elles changent les règles du jeu. Il dépend de nous que ce ne soit pas pour le pire, mais pour le meilleur. »
La France doit peser sur le G20, et nous, citoyens, devons tout faire pour influencer nos élites.
La révolution passera par une réforme profonde du système monétaire et financier international, et non par de vaines révoltes violentes.
David C.
david.cabas.over-blog.fr
leretourdusillon@gmail.com
A.B. // 6 novembre 2008 à 9:19
@ David,
Merci pour le tract que j’ai lu avec attention. Je crois qu’il n’y a pas une idée qui me parait souhaitable dans ce texte.
Non la politique de Brown ne me semble pas comparable à celle d’Hitler, je ne vois pas l’hyper-inflation dont il est question et je ne pense pas souhaitable d’engager le combat contre l’Empire Britannique. D’ailleurs, j’ignorais que celui-ci exista encore…
Cordialement,
A.B.
A.M // 6 novembre 2008 à 11:24
Parler du risque et de l’incertain, avec une telle certitude mérite d’être souligné.
Vanter les mérites d’une société qui apprend à canaliser ses angoisses irrationnelles en mathématisant ses craintes tout en conservant sa capacité à créer, voilà un projet ambitieux.
Mais la création née aussi d’une écoute solide de ses angoisses. les plus belles plumes sont souvent les plus tourmentées, les plus belles toiles les plus déchirées.
Alors, oui inch Hallah (si dieu veut) les hommes devraient peut être se tourner vers leurs angoisses plutôt que de les fuir.Mais bien souvent, plutôt que d’affronter le changement, la différence, on laisse s’endormir le risque dans des cartons.
inch Hallah mais dieu n’est pas très bon mathématicien.
Jef // 12 novembre 2008 à 11:35
Excellent post, sur un sujet qui reste encore à creuser.
Erasme de Metz // 16 novembre 2008 à 10:31
Là, je me sens tout petit.
Les textes qui donnent le sentiment d’être plus intelligent après les avoir lu sont rares, celui ci en est … et les illustrations … superbes
merci
clbast37 // 17 novembre 2008 à 9:41
Extrait d’un article sur Mediapart à propos des OGM et du risque nucléaire:
Il importe de distinguer l’évaluation du risque d’une technique (ce qui est du domaine du technicien) de la gestion de ce risque (ce qui est du domaine du politique).
En démocratie, régime où le peuple exerce la souveraineté, c’est aux représentants élus du peuple et à eux seuls qu’il incombe de réglementer l’usage des nouvelles techniques et la gestion des risques associés.
Ils peuvent se trouver dans l’impossibilité morale d’autoriser l’usage d’une technique dont le risque est insuffisamment évalué. Dans ce cas la Charte de l’environnement du 1er Mars 2004, annexée à la Constitution, leur permet de suspendre leur décision.
clbast37 // 17 novembre 2008 à 10:12
Lien vers l’article cité dans le commentaire précédent: les OGM et le nucléaire
Hadrien // 21 novembre 2008 à 11:54
A.B,
Ton analyse est intéressante. Néanmoins le diagnostic sur notre relation au risque s’applique davantage à la finance qu’à l’économie dans sa globalité. Le banquier cherche à mesurer le risque, le contrôler et le réduire, tandis que l’entrepreneur fonce davantage et à une relation beaucoup plus décomplexée à l’incertitude. Il est vrai que la financiarisation de l’économie et des décisions en cela a orienté notre rapport au risque. Pour aller dans ton sens, beaucoup de financiers ont mal évalué les risques, renoncer à les évaluer, ou les ont nié précisément parce qu’ils n’ont suffisamment pris en compte l’incertitude qui accompagne toute décision ou mesure, quand bien même elle se voudrait mathématique.
Quant tu parles de judiricisation des rapports et de gouvernement par la peur, il est à souligner que la société libérale produit la liberté en même temps que les instruments et comportements de surveillance qui la limitent. Mais elle est le meilleure point d’équilibre.
Je ne suis pas certain qu’il faille prôner une société de l’incertain : la prise en compte de notre impuissance ne doit pas être un prétexte au au reconcement à l’exigence envers soi et les autres et un renoncement à la maîtrise.
Je t’invite à faire un tour sur mon blog : http://desidees.hautetfort.com
Je viens de publier un article sur la réforme du système financier.
Hadrien
A.B. // 24 novembre 2008 à 1:05
@ Hadrien
Entièrement d’accord avec toi quand tu écris que spontanément l’entrepreneur fait une plus grand place à l’incertain que le financier.
Tu sembles en revanche justifier la judiciarisation de notre société comme le “prix à payer” de l’exercice plus grande de notre liberté. Tu écris qu’ il “s’agit du meilleur point d’équilibre”, qui n’est d’ailleurs pas sans rappeler « le meilleur des mondes possibles » de Leibniz.
En ce qui me concerne, je ne pense pas que cette judiciarisation excessive soit inéluctable. Si à petite dose, je t’accorde qu’elle est une marque du respect que nous donnons à la liberté individuel, son excès est le signe du profond individualisme qui travaille la société. La judiciarisation excessive est à mes yeux une perversion du libéralisme pas le signe de la vitalité de ce dernier
Ton attachement à la liberté individuelle t’honore Hadrien mais il ne doit pas t’aveugler quand aux conséquences néfastes de cette judiciarisation. Ce point d’équilibre n’apparait pas spontanément il faut le forger par nos idées, celles que tu appelles à lancer à la place des pavés…;-)
Enfin, je ne prône en rien une société de l’incertain qui serait une terrible régression. Je pense seulement qu’il est nécessaire de faire une place à cette notion dans notre démarche explicative.
Cordialement,
A.B.
G.S (LaVF) // 27 novembre 2008 à 10:34
Remarquable article que j’ai eu plaisir à lire
a bientôt
JPCC // 13 février 2009 à 11:21
Question naïve d’un profane en économie: la crise est probablement, entre autres, la sanction d’une préférence exagérée pour le court terme, illustrée par les mirobolants ROCE . Je serais intéressé à lire sur l’origine et l’évolution, de type historique, sociologique, culturel, voire psychologique, de cette préférence pour le court terme.
De façon plus concrète, pour s’opposer au retour de telles crises peut-on imaginer des actions et mesures concrètes et réalistes (régulation,…) pour rétablir un meilleur équilibre entre court et long terme. Merci
pedro // 27 février 2009 à 4:34
Dans la crise financière, les choses ne sont-elles pas finalement plus simples? la seule mesure des risques qui n’augmentait pas dans les banques, c’est la mesure “réglementaire” du risque; en revanche des indicateurs simples, tels que le ratio “capitaux propres/total de bilan” dérivaient; il y avait donc un peu de malice et une certaine prise de conscience de l’augmentation des risques, en vue d’améliorer le profit par action. L’arbitrage réglementaire, plus que la mauvaise modélisation, est au coeur de la crise
Comme les stations d’essence dans les zones rurales du Texas après 22 heures, les commentaires sont fermés.